Nathalie Ledoux
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Nathalie Ledoux's paintings take scenery on a simultaneously naturalist and virtual angle. We find ourselves face to face with phenomena, in the natural phenomena sense as well as pictural.
But these phenomena hardly become images, because they're essentialized, devoid of representation clues. The pose of the traveler comtemplating a see of clouds by Friedrich is here offered to the viewer himself.
But the subject here is not to reinvent only the romantic « sublime » apparition, because the eyes hesitate between the distant contemplation, immersion, and the painting's borderline experience.
The paintings indeed never stop asserting their surface status, by their pictural signs, slides, erosions, erasures, so many signs that nihilate the possibility of illusion.
These visible clues of the matter allow the paintings to organize their own ecosystem, their system of phenomena creation, their instrinsic capacity to become sky, area, geology, and in which the artist's gesture is not expressionist but more so organizer, observer of a particular chaos.

This flatness experience is still reinforced by the peculiar light in the paintings, in the exhilarating use of a colour, completely detached from its naturalist obligation. The refining of the hue associations, the constant wavering between coloured grays and chromatic intensity, it takes it all further away from a real natural experience.
This holds at the same time from the experimental choices of the painter but also refer to a colour use such as it appears on screen, such as we can manipulate it on a graphic software or in the scientific imagery context.
To accentuate this dimension, the colour in those paintings become the plastic expression of a scenery perception that overflows the classical point of view, getting closer to solarisations maybe, to a negative approach of the coloured, of invisible to the naked eye wavelengths sensitive spectrographies, or thermographies.
We would then find ourselves facing a pictural screen shot through with phenomena, as a window swept up with rain, preventing the scenery perception behind it, and we're led to detect it from the colours and different thermic attributes.

The impressionist experience is here reactivated, not really in its pictural tradition, but maybe more in the sense of the musical impressionism, when Claude Debussy adapted Cinq poèmes de Baudelaire.

La gerbe d’eau qui berce
Ses mille fleurs,
Que la lune traverse
De ses pâleurs,
Tombe comme une averse
De larges pleurs.

Olivier Drouot


Les peintures de Nathalie Ledoux abordent le paysage avec un angle simultanément naturaliste et virtuel. On se retrouve face à des phénomènes, au sens de phénomènes naturels tout autant que picturaux. Mais ces événements peinent à devenir image, car essentialisés, dépourvus d'indices de représentation. La posture du voyageur contemplant une mer de nuages de Friedrich est ici proposée au spectateur lui-même. Mais il ne s'agit pas de réinventer l'apparition du « sublime » romantique seulement, car le regard hésite entre contemplation distante, immersion, et expérience de la frontalité de la peinture. Les peintures en effet ne cessent d'affirmer leur statut de surface, par leurs signes picturaux, coulées, érosions, effacements, autant de signes qui annulent la possibilité d'illusion. Ces indices apparents de la matière permettent aux tableaux d'organiser leur propre écologie, leur système de génération d'événements, leur capacité intrinsèque à devenir ciel, étendue, géologie, et dans lesquels le geste de l'artiste n'est pas expressionniste, mais plutôt organisateur, observateur d'un chaos particulier.

Cette expérience de la planéité est encore renforcée par la lumière particulière des tableaux, dans l'utilisation jubilatoire d'une couleur complètement détachée de son obligation naturaliste. Le raffinement des associations de teintes, l'oscillation constante entre gris colorés et intensités chromatiques, s'éloignent délibérément d'une expérience réelle de la nature. Cela tient en même temps des choix expérimentaux du peintre, mais semble aussi se référer à une utilisation de la couleur telle qu'elle apparait sur des écrans, telle qu'on peut la manipuler sur un logiciel graphique, ou dans un contexte d'imagerie scientifique. Pour accentuer cette dimension, la couleur dans ces peintures devient l'expression plastique d'une perception du paysage qui dépasse l'optique classique, se rapprochant plutôt de solarisations, d'une approche négative du coloré, de spectrographies sensibles à des longueurs d'ondes invisibles à l'oeil humain, ou de thermographies.
On se retrouverait alors face à un écran pictural traversé d'évènements, telle une vitre balayée par la pluie, empêchant la perception du paysage derrière, et à en détecter par la couleur les différentes propriétés thermiques.

L'expérience impressionniste est ici réactivée, pas tellement dans sa tradition picturale, mais peut-être plus au sens de l'impressionnisme musical, quand Claude Debussy adaptait Cinq poèmes de Baudelaire.

La gerbe d’eau qui berce
Ses mille fleurs,
Que la lune traverse
De ses pâleurs,
Tombe comme une averse
De larges pleurs.

Olivier Drouot